Les violences faites aux femmes : Un fléau à combattre

Un défi, Des solutions

Une approche positive : "Comprendre les Défis" fonctionne en miroir avec "Valoriser les Solutions". Cet article présente le défi et vous découvrirez trois personnes inspirantes qui luttent contre ce fléau.



En un coup d'œil

Selon l'ONU, 736 millions de femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans leur vie, soit une femme sur trois.

Ces violences prennent des formes multiples : domestiques, viols, agressions, mariages forcés, traite des êtres humains, mutilations génitales, crimes d'honneur.

Certains pays vont encore plus loin en admettant ces violences, comme ceux qui autorisent la dot, ou stigmatisent les victimes au lieu de les protéger.


Les chiffres glacent le sang : selon l'ONU Femmes, 736 millions de femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles dans le monde. Cette réalité brutale traverse toutes les frontières, tous les milieux sociaux, toutes les cultures. De l'Afrique subsaharienne à l'Union européenne, de l'Asie à l'Amérique latine, les femmes subissent des violences d'une ampleur et d'une cruauté qui défient l'entendement. Derrière ces données se cachent des trajectoires brisées, des vies détruites, des traumatismes transmis de génération en génération.

Un phénomène aux visages multiples

Les violences domestiques constituent la forme la plus répandue de ces actes. Le ministère de l'Intérieur, venant de publier ses chiffres, a recensé 272 400 victimes en 2024. À noter que "la grande majorité des victimes sont des femmes (84 %) alors que les mis en cause sont le plus souvent des hommes (85 %)". À cet égard, la récente affaire Mazan en France a bouleversé l'opinion publique. Gisèle Pelicot, violée pendant des années par son mari qui la droguait et l'a offerte à des dizaines d'hommes, symbolise désormais la trahison ultime de la confiance conjugale et l'affaire a révélé l'ampleur d'une culture du viol qui persiste.

Le saviez-vous ? Les hommes ne sont pas épargnés ! Ils subissent aussi des violences conjugales : psychologiques, physiques et sexuelles. Le nombre de victimes est d'ailleurs sous-estimé. Les idées reçues sont si tenaces, que le nombre de plaintes déposées est particulièrement faible. 

Il arrive par ailleurs que ces violences, d'une gravité extrême, mènent à la mort. Là encore, les chiffres clés 2024 du ministère de l'Intérieur sont inquiétants : 138 décès, dont 107 femmes et 31 hommes. De même, ces actes sont majoritairement commis par des hommes (80%). Quelques affaires récentes : le décès de la jeune mannequin Pamela Genini le 15 octobre 2025 après avoir subi 24 coups de de couteau par son compagnon qu'elle envisageait de quitter, ou encore la quadragénaire décédée le 2 octobre à La Teste-de-Bush

Mur de femmages : Un hommage de l'association NousToutes aux victimes de féminicides. 

En réalité, de nombreuses autres formes de violences existent. Par exemple, les mariages forcés toucheront plus de 100 millions de filles dans la décennie à venir selon l'association Vision du monde. Cette pratique condamne les enfants à une existence de soumission et d'exploitation sexuelle légalisée. Notamment au Pakistan, où le dérèglement climatique aggrave cette situation : les familles appauvries par les catastrophes naturelles marient leurs filles de plus en plus jeunes pour survivre. Dès lors, ces unions précoces privent les victimes de leur enfance, de leur éducation et de leur droit à choisir leur destinée.

De son côté, la traite des êtres humains a transformé des millions de femmes en esclaves sexuelles. Les réseaux internationaux exploitent en effet la pauvreté, les conflits et les inégalités pour alimenter une industrie du sexe qui génère des milliards d'euros. C'est ainsi que des femmes autochtones du Canada, comme celles d'Akwesasne, subissent un trafic sexuel qui exploite leur marginalisation sociale et leur isolement géographique. Malheureusement, ces crimes organisés bénéficient trop souvent de l'impunité, tandis que les victimes sont criminalisées et les trafiquants prospèrent.

Le viol, une terrible arme de guerre 

Dans les zones de conflit, les violences sexuelles atteignent des sommets d'horreur inégalés. À ce titre, le Dr Denis Mukwege, chirurgien gynécologue congolais et prix Nobel de la paix 2018, a consacré sa vie à soigner les victimes de viols utilisés comme arme de guerre en République démocratique du Congo. "Les combattants violent les femmes pour détruire l'honneur de leurs ennemis", explique-t-il, dénonçant par là même une stratégie militaire qui vise à briser les communautés en s'attaquant à leurs membres les plus vulnérables.

De son côté, Daesch a systématisé ces pratiques avec les femmes yézidies. Plus de 3 000 femmes et filles ont été enlevées, puis vendues sur des marchés aux esclaves et violées quotidiennement. Nadia Murad, rescapée devenue prix Nobel de la paix en 2018, a livré un témoignage bouleversant. Ces crimes contre l'humanité révèlent comment les violences sexuelles servent d'armes de guerre, détruisant l'âme des peuples par l'anéantissement programmé de leurs femmes.

Le viol des hommes : Le viol est une arme de guerre qui s'exerce aussi sur les hommes, notamment en Bosnie, au Congo et en Ukraine, comme le dénonce ce documentaire Arte de 2025. 

Haïti illustre encore cette utilisation du viol comme arme de terreur. Selon l'ONU, les gangs emploient la violence sexuelle pour terroriser la population et consolider leur contrôle territorial. Les femmes déplacées dans les camps deviennent alors des proies faciles, contraintes à la prostitution pour survivre. Cette instrumentalisation du corps féminin transforme ainsi chaque conflit en double tragédie : la guerre elle-même et celle menée contre les femmes.

Des sociétés qui légitiment la violence

Certaines sociétés ont institutionnalisé les violences faites aux femmes sous couvert de traditions ou de religion. En Inde notamment, malgré l'interdiction légale de la dot depuis 1961, cette pratique continue de provoquer des milliers de morts chaque année. Les familles qui ne peuvent honorer les exigences financières voient leurs filles battues, brûlées vives ou poussées au suicide. Cette violence concerne toutes les classes sociales, perpétuant un système où la valeur d'une femme se mesure à sa capacité d'enrichir sa belle-famille.

L'affaire le meutre et le viol collectif à Delhi de l'étudiante Jyoti Singh en 2012 a révélé une "culture du viol" profondément ancrée dans certaines mentalités. Les victimes subissent une double peine : l'agression elle-même, puis la stigmatisation sociale qui les rend responsables de leur propre malheur. Cette perversion de la justice transforme les victimes en coupables et protège les agresseurs par le silence complice de la société.

De leur côté, l'Afghanistan et l'Iran incarnent une régression institutionnelle des droits des femmes. D'une part, les talibans ont interdit aux femmes l'accès à l'éducation, la plupart des emplois et même les parcs publics. D'autre part, en Iran, une nouvelle loi prévoit désormais la peine de mort pour femmes qui militent contre le port du voile obligatoire. Ces politiques constituent une forme de violence institutionnelle qui nie l'humanité même des femmes.

Cependant, les femmes n'ont pas dit leur dernier mot : les iraniennes qui défient la dépression, les afghanes qui enseignent clandestinement, les victimes qui témoignent malgré les menaces. Toutes incarnent une résistance qui refuse de laisser la violence triompher. Dernière ces drames, se cachent des filles et des femmes courageuses qui méritent le plus grand respect et chacun d'entre nous peut contribuer à la lutte contre les violences. 

Victime ou témoin de violences ? Ces ressources comprennent des associations et des numéros utiles pour agir, être entendu et se faire accompagner : 


Pour Approfondir

ONU Femmes, Faits et chiffres : mettre fin à la violence à l'égard des femmes, infographie interactive, 2024.

The Conversation, En Inde, des milliers de femmes sont tuées chaque année à cause de la dot, 2024.

Radio Canada, Trafic sexuel des femmes autochtones : le territoire d'Akwesasne, enquête, 2024.